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La précarisation du monde du travail

Dans les années 1950 et 1960, la pauvreté touchait principalement les personnes sans emploi. Aujourd’hui, ce n’est plus du tout le cas, car plus du quart des travailleurs ne gagnent pas un salaire suffisant pour leur assurer un niveau de vie décent. Comment se fait-il que le travail ne soit plus un rempart contre la pauvreté?

Le travail atypique
Il faut comprendre que le monde du travail n’est plus du tout ce qu’il était. Alors que les emplois réguliers d’autrefois étaient souvent des postes sans fin d’emploi prévue ou même des emplois à vie, les nouvelles conditions des travailleurs ne correspondent plus du tout à cette réalité. Au contraire, la majorité des emplois nouvellement créés entrent dans la catégorie du « travail atypique ». Postes temporaires ou à temps partiel, travail autonome ou contractuel : le travail atypique se décline en diverses variétés, mais il se conjugue bien souvent avec précarité et pauvreté.

Les conséquences du travail atypique ne se manifestent pas seulement sur le chèque de paie. Car en plus d’être souvent plus faiblement rémunérés que les travailleurs réguliers, les travailleurs atypiques n’ont généralement pas accès aux différents régimes de protection sociale. L’assurance-emploi, par exemple : les employés temporaires qui accumulent moins d’heures de travail que les employés réguliers ont moins de chances d’avoir éventuellement accès aux prestations d’assurance-emploi. Même logique pour la Régie des rentes : il sera plus difficile pour les travailleurs atypiques de bénéficier des avantages maximums des régimes de retraite. Professeure en relations industrielles à l’Université Laval, Martine D’Amours se dit d’ailleurs convaincue qu’une grande partie de la prochaine génération de retraités vivra dans la pauvreté. En plein essor, le travail autonome prive lui aussi les travailleurs des couvertures sociales minimales normalement octroyées aux travailleurs. Quels seront les filets de secours de tous ces travailleurs lorsqu’ils seront blessés, malades ou sans offre de contrats?

Un impératif de la mondialisation?
Dans un contexte de mondialisation où les entreprises cherchent à assurer leur compétitivité, la précarisation du travail peut sembler une fatalité. Pourtant, certains pays, le Danemark par exemple, affichent des taux de pauvreté chez les travailleurs particulièrement bas. Pour Martine D’Amours, cette situation s’explique par le choix de société de ces pays qui prennent rapidement en charge les travailleurs mis à pied avec d’intéressants programmes d’indemnisation, de formation et de réinsertion professionnelle.

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