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Les inégalités sociales de santé

Partout dans le monde, les inégalités sociales perdurent et ont une incidence réelle sur la santé de la population. Ce qui apparaissait comme une hypothèse clinique il y a une trentaine d’années est maintenant un fait reconnu universellement : la pauvreté est le principal déterminant de la santé.


UN FAIT RECONNU ET SES DÉTERMINANTS

De nombreuses études ont démontré que les groupes les plus défavorisés sur le plan socio-économique sont les plus susceptibles d’être en moins bonne santé. La relation entre pauvreté et santé relève d’un gradient : plus le revenu d’un individu est élevé, meilleure sera sa santé.

Par contre, ce n’est pas qu’une affaire de revenu. Le sexe, l’âge, le niveau de scolarité, l’emploi, le statut matrimonial ainsi que l’environnement (logement, quartier, etc.) influencent considérablement l’état de santé des individus.

Une personne à faible revenu est plus exposée à des conditions de vie difficiles et stressantes et a souvent moins d’options pour soulager ses maux. Les individus sont généralement moins scolarisés, ont des dynamiques familiales atypiques, habitent de petits logements, parfois même insalubres. Tous ces facteurs augmentent énormément le risque pour ces personnes de mourir plus tôt et de contracter des maladies alors qu’elles sont plus jeunes. Avec le temps, les effets de la pauvreté sur la santé s’accumulent et se consolident.


ESPÉRANCE DE VIE ET SANTÉ

Sur le plan international, le Canada fait très bonne figure quant à l’espérance de vie de la population : 79 ans pour les hommes et 83 ans pour les femmes. Par contre, on remarque qu’à l’intérieur du même territoire, il y a des écarts étonnants entre des milieux défavorisés et d’autres plus aisés. On estime que cinq ans d’espérance de vie séparent les deux groupes. Quand on parle d’espérance de vie en bonne santé (le nombre d’années que devrait vivre un individu tout en étant en santé), cet écart se creuse de 15 ans.


L'UTILISATION DES SERVICES DE SANTÉ

Les personnes défavorisées utilisent différemment les services de santé que les personnes à l’aise financièrement. Elles ont moins souvent recours aux services préventifs (mammographie, examen dentaire, centre antitabac) et utilisent très peu les services de spécialistes (pédiatre, gynécologue, dermatologue, psychologue). Plusieurs médecins expliquent cela par l’état d’urgence permanent dans lequel vivent les personnes à faible revenu. Quand une personne se demande comment elle paiera le loyer ou remplira le frigo, aller passer un test de dépistage pour prévenir un cancer qui pourrait se déclarer dans deux ans n’est pas une priorité.

Par contre, les personnes à faible revenu fréquentent davantage leur médecin de famille. Seulement, comme le manque de médecins de famille est un problème qui persiste depuis quelques années, les patients doivent se tourner vers les cliniques sans rendez-vous pour se faire soigner. Ces cliniques sont essentielles, mais ne favorisent pas la prise en charge véritable du patient et ne permettent pas le développement d’une relation de confiance entre le patient et le médecin. L’évaluation de l’état de santé est plus difficile, le médecin n’a pas le temps de discuter, de s’investir avec le patient.


Pour en savoir plus : Centre Léa-Roback

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